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Appels à contributions N°7

« Fenêtres », Pourtant n°7, hiver 2023-24

Appel à contributions
Pourtant n°7, hiver 2023-24

CLOS

Sélection des comités photographique et de lecture

Présélection du comité de lecture

Le thème de Pourtant n°7 est « Fenêtres ». En voici 22 ouvertures où s’introduire, guetter, rêver, faire les vitres, les casser. Nous attendons par ces ouvertures vos poèmes, vos nouvelles de fiction, vos photographies, vos séries photographiques, vos phototextes à 2 ou 4 mains.

Dates limites :
30 septembre 31 octobre 2023 pour les textes,
31 octobre
30 novembre 2023 pour les photos

Modalités d’envoi : après les ouvertures ci-dessous.

Fenêtres
Ouverture 1

Je ne suis rien
Jamais je ne serai rien.
Je ne puis vouloir être rien.
Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.

Fenêtres de ma chambre,
de ma chambre dans la fourmilière humaine unité ignorée
(et si l’on savait ce qu’elle est, que saurait-on de plus ?),
vous donnez sur le mystère d’une rue au va-et-vient continuel,
sur une rue inaccessible à toutes les pensées,
réelle, impossiblement réelle, précise, inconnaissablement précise,
avec le mystère des choses enfoui sous les pierres et les êtres,
avec la mort qui parsème les murs de moisissure et de cheveux blancs les humains,
avec le destin qui conduit la guimbarde de tout sur la route de rien.

Bureau de tabac, Alvaro de Campos (Fernando Pessoa)

Fenêtres
Ouverture 2

Photo GBM

Fenêtres
Ouverture 3

C’était vraiment une toute petite chambre ; peut-être trois mètres de long et à peine deux de large. Le lit était dans un coin, juste à gauche de la porte ; je crois que c’était un lit en fer. À gauche de la tête du lit, il y avait la fenêtre qui donnait sur la route (la route de Brézolles ?) et sur le mur du parc de la maison d’en face, une grande propriété dans laquelle je ne suis jamais entré. »

Trois chambres retrouvées, Blévy : la petite chambre du premier, Penser/Classer, Georges Perec

Fenêtres
Ouverture 4

Photo Benoît de Brettes

Fenêtres
Ouverture 5

Il y a longtemps que je cherche à vivre ici,
dans cette chambre que je fais semblant d’aimer,
la table, les objets sans soucis, la fenêtre
ouvrant au bout de chaque nuit d’autres verdures,
et le cœur du merle bat dans le lierre sombre,
partout des lueurs achèvent l’ombre vieillie.

Intérieur (extrait), L’Effraie et autres poésies, Philippe Jaccottet

Fenêtres
Ouverture 6

Photo DL

Fenêtres
Ouverture 7

« Lorsque nous avons bâti cette cabane, j’ai placé les fenêtres assez bas pour que nous puissions regarder aisément dehors sans nous lever. C’est la coutume avec les vieilles cabanes des bois, où les fenêtres doivent être réduites, et nous restons souvent assis des heures en hiver à contempler la neige. À présent, je regarde au travers des doubles panneaux de verre : il n’y a rien à voir dehors sinon la lumière chaude des fenêtres qui tombe sur la neige. Par-delà cette lumière, il y a l’obscurité. »


Vingt-Cinq ans de solitude, récit, John Haines, éd. Gallmeister 2006, traduction Camille Fort, édition originelle 1947

Fenêtres
Ouverture 8

Photo Benoît de Brettes

Fenêtres
Ouverture 9

Capture d’écran Facebook

Fenêtres
Ouverture 10

Photo Benoît de Brettes

Fenêtres
Ouverture 11

La fenêtre fermée réfléchit lentement
Et triste traversée taciturne tapie
Rêve de retenir et de garder pour elle
(rien qu’un petit moment préservé de s’enfuir)
Ce chat ou cet enfant qui marchent dans la rue
Et traversent son eau sans y laisser de trace.

La fenêtre fermée (extrait), Claude Roy, Poésies

Fenêtres
Ouverture 12

Fenêtres
Ouverture 13

Les jours de soleil, les carreaux de la fenêtre brillaient devant Magdalena. Comme des bijoux transformés en carrés tout plats, se disait-elle. Leurs teintes pâles et transparentes – couleur ivoire, parchemin, couleur du plus clair des vins ou de la plus pâle des tulipes – les différenciaient légèrement les uns des autres. La jeune fille se demandait comment on fabriquait le verre, mais elle ne posa pas de question. Ça aurait dérangé son père.

Jeune fille en bleu jacinthe, Susan Vreeland

Fenêtres
Ouverture 14

« J’ordonnai à Kaspar de regarder par la fenêtre, vantant le beau paysage qui s’étalait devant nous dans toute la gloire de l’été, et je lui demandai s’il ne trouvait pas ce spectacle merveilleux. Il obéit, mais recula aussitôt, apparemment horrifié, en criant : “Laid ! Laid !”, puis il montra le mur de sa chambre en disant : “Ça, ce n’est pas laid.” » 

Anselm von Feuerbach, « Histoire d’un individu séquestré… » à propos de Kaspar Hauser

Fenêtres
Ouverture 15

Photo DL

Fenêtres
Ouverture 16

« Tu aurais voulu qu’aucun grain de poussière ne se balance dans les rayons de soleil qui, depuis la porte-fenêtre, traversaient la pièce en se cassant sur le pan de table basse, remontant vers le canapé ; le rai jaune caressant alors ton visage tandis que tu t’allongeais sur le canapé à l’heure de la sieste.
Quand dans ce rayon de lumière tu voyais d’infimes molécules scintiller, c’était pour toi comme une provocation. Tu te préparais à laver le sol, il fallait retourner les chaises, puis passer le balai, ensuite remplir une bassine d’eau chaude, y mêler un détergent, y tremper la serpillière ; accrochée au balai-brosse tu la faisais glisser sur toute la surface de la pièce. »

La condition pavillonnaire, roman, Sophie Divry, éd. Noir sur blanc, 2014

Fenêtres
Ouverture 17

Photo DL

Fenêtres
Ouverture 18

 
Le rideau de ma voisine
Se soulève lentement
Elle va, je l’imagine,
Prendre l’air un moment.
 
On entr’ouvre la fenêtre :
Je sens mon cœur palpiter.
Elle veut savoir peut-être
Si je suis à guetter.

Mais, hélas ! ce n’est qu’un rêve ;
Ma voisine aime un lourdaud,
Et c’est le vent qui soulève
Le coin de son rideau.

Le rideau de ma voisine, Poésies nouvelles, Alfred de Musset

Fenêtres
Ouverture 19

Photo GBM

Fenêtres
Ouverture 20

Le soir où ça s’est passé, j’étais là, j’ai vu le couple. J’étais dans la chambre d’un appartement, juste en face du local, la fenêtre de la pièce donnait sur ce local, il y a une ouverture dans le mur qui ressemble à un velux, sans doute pour aérer la pièce, et de là où je me trouvais, je pouvais voir ce qui se passait. Je m’étais levé pour fermer la fenêtre et c’est là que j’ai vu, en face, le type, là, qui tenait la fille par les cheveux, il a pris la tête de la fille et il l’a mise contre son sexe, c’était très brutal
(…)
Je me suis tourné vers la fille avec qui j’étais : je lui ai dit qu’il y avait un gars et une fille dans le local à poubelles. Que ça m’avait l’air d’être un viol. Elle m’a dit : « Ferme la fenêtre, je veux pas de problèmes. » J’ai fait ce qu’elle voulait. Peu de temps après, je suis parti.

Les choses humaines, Karine Tuil

Fenêtres
Ouverture 21

Photo IN

Fenêtres
Ouverture 22

Œuvres attendues

Jusqu’à 5 œuvres par participant, une œuvre étant :

  • une série photographique
  • une photographie
  • une nouvelle de fiction (entre 2 et 31 feuillets, 1 feuillet = 1500 signes espaces compris)
  • un poème
  • une composition poétique
  • un « phototexte », càd une œuvre à 2 ou 4 mains « photographie-s + texte-s »

Possibilité de panacher ces œuvres, par exemple : 1 série, 1 phototexte, 3 photographies OU 1 composition poétique et 4 poèmes distincts OU 2 nouvelles OU etc.

Agenda

Date limite envoi textes : samedi 30 septembre 23h59

Date limite envoi photographies : mardi 31 octobre 23h59

Sélection par le comité de lecture à partir du 1er octobre et par le comité de sélection photographique du 1er novembre

Sortie du n°7 “Fenêtres” : hiver 2023-24

Auteurs et photographes sélectionnés

Les autrices, auteurs et photographes dont les œuvres sélectionnés recevront un exemplaire de ce numéro.

Une rencontre/interview aura lieu avec l’une ou l’un d’eux sur son travail et son parcours. Elle sera publiée dans ce numéro en rubrique « Coulisses ».

En rubrique « Coulisses » des numéros précédents

Inscription obligatoire et envoi anonymisé

Le formulaire d’inscription et la procédure sont ici :

Remerciements

Merci aux médias suivants qui relaient cet appel à textes et photographies auprès de leurs lecteurs :

21 réponses sur « « Fenêtres », Pourtant n°7, hiver 2023-24 »

Bonjour, j’ai une question par rapport aux ouvertures. Doit-on obligatoirement les utiliser comme « base »/début de nouvelle ? Ou pouvons-nous écrire une nouvelle n’ayant aucun rapport direct avec ces ouvertures. Merci !

bonjour

4 haïkus = 4 poèmes ou 1 composition poétique si insérés dans un dessin ou une photo ou zéro (pas de haïkus attendus) ?

Cordialement

Bonjour,
J’ai deux questions à vous poser:
1. Le poème doit-il avoir un nombre de sec minimum?
2. Puis-je participer si je vis à l’étranger?
Merci!

Bonjour,
À quelle date la sélection sera-t-elle terminée ? Merci.
Cette information permettrait, en effet, de savoir que l’œuvre proposée n’a pas été retenue (puisque vous ne contactez que les auteurs sélectionnés).

Florence, Reportez-vous au site web sur sa page d’accueil où c’est indiqu, puis mis à jour en fonction des évolutions.

Bonjour,
Un phototexte réalisé par 2 artistes répondant chacun à l’Appel à contributions, est-il comptabilisé dans le nombre d’oeuvres proposées par chacun de ces 2 artistes, ou uniquement dans celui d’un des 2 ?

Benoît, c’est une contribution à part à 4 mains qui n’entre pas dans le compte des oeuvres envoyées indpendamment par chacun.

Benoît, vous pouvez envoyer en plusieurs fois…. Même s’il est préférable de notre côté que ce soit en une seule fois (moins de gestion 🙂 ).

Le billet HelloAsso sert à plusieurs choses : il facilite énormément notre gestion des contacts avec vous ensuite (pas besoin de retaper vos adresses), il facilite les souscriptions au numéro, les dons, les abonnements.

Bonjour,
Merci pour la réponse précédente.
J’en ai une autre.
Vous demandez des marges de 4cm afin de permettre les annotations. De quoi s’agit-il ? S’agit-il de corrections ou d’appréciations ?
Le texte peut-il être soumis à des modifications ?
Merci.

Bonjour,
Y a-t-il un nombre maximal de signes ou tout autre type de contrainte formelle pour les textes type poèmes, compositions poétiques ?

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